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L'URGENCE NE SAIT ATTENDRE ...

L'URGENCE NE SAIT ATTENDRE ...

Au sein du MOUVEMENT D'URGENCE ET DE RECONNAISSANCE que nous supportons, l'on se demande, pourquoi ne pas profiter de cette marche pour interpeler les gouvernements canadien et américain qui semblent empêcher à des bénévoles de rentrer librement au pays pour aller aider nos frères et soeurs da Lire la suite
Rétablir les communications une priorité

Rétablir les communications une priorité

Les réseaux téléphonique sont le plus souvent occupés, indisponibles ou surchargés. Les compagnie haïtienne tente de remettre leurs réseaux opérationnels. Les Nations unies, la ITU et NetHope tentent également de rétablir la situation. Lire la suite
 Les haïtiens partagés entre colère, frustration et désespoir

Les haïtiens partagés entre colère, frustration et désespoir

3 jours après le séisme qui pourrait avoir fait entre 40000 et 100000 morts selon les sources les haïtiens sont partagés entre colère, frustration et désespoir. Lire la suite

L'ancien président Aristide veut rentrer à Haïti

Devant la presse, il n'a pas retenu ses larmes. L'ancien président en exil d'Haïti, Jean-Bertrand Aristide, a affirmé vendredi être prêt à rentrer sur l'île des Caraïbes, frappée par un violent séisme mardi. Lire la suite
La situation dans la capitale du chaos, Port-au-Prince

La situation dans la capitale du chaos, Port-au-Prince

A Port-au-Prince règne une odeur insoutenable, certaines rues sont jonchées de cadavre, bien souvent en putréfaction. Les corps sont souvent transporté à mains nus sans gants... Lire la suite
A Port-au-Prince, le rappeur Wyclef Jean collecte des cadavres

A Port-au-Prince, le rappeur Wyclef Jean collecte des cadavres

"Nous avons passé la journée à collecter des cadavres. Il y a tant de corps dans les rues que les morgues sont pleines, les cimetières sont pleins" a déclaré Wyclef Jean Lire la suite

La Croix Rouge crée une page web pour aider les familles haïtiennes à reprendre contact

D'énormes moyens militaires ont commencé à être mis en oeuvre mercredi en milieu de journée à Haïti dans la cadre de la mobilisation internationale pour secourir ce pays dévasté par un très fort séisme qui pourrait avoir fait des dizaines de milliers de morts. Lire la suite

L’URGENCE NE SAIT ATTENDRE …

Author: admin


Posted on: 29th January 2010

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Category: Forum Culture

Bonsoir à tous et à toutes

C’est bien de marcher par solidarité. C’est aussi bien de remercier mais les méritants seulement…
Au sein du MOUVEMENT D’URGENCE ET DE RECONNAISSANCE que nous supportons, l’on se demande, pourquoi ne pas profiter de cette marche pour interpeler les gouvernements canadien et américain qui semblent empêcher à des bénévoles de rentrer librement au pays pour aller aider nos frères et soeurs dans l’urgence?
1. Aux États-unis, 11 000 personnes travaillant dans le domaine de la santé et autre, se voient refuser le départ alors que des ressources manquent terriblement au pays…
2. Au Canada: le gouvernement Harper répond négativement à l’association des médecins qui ose réclamer salaire pour les médecins canadiens bénévoles en Haiti après le séisme. Qui pis est, le PM canadien demande à ce que tout départ désormais soit soumis à son gouvernement qui l’autorisera peut-être… Du jamais vu…
Quelle rejet! Et, quelle incompréhension qu’un nombre de victimes parmi nos centaines de milliers ne soit déjà transporté ni au Canada, ni au États-Unis pour être soigné! Ceux qui ont le souvenir vif se rappellent bien des réfugiés Kossovars qui arrivaient au Canada par centaines et d’autres cas semblables… Pourquoi pas Haïti qui est en Amérique? Pourquoi ne pas dénoncer cette lenteur du moins , cette indifférence de la part de nos soi-disant amis?
Pratiquement, c’est entre autre pour ces raisons en particulier qu’on aurait dû marcher afin de réclamer un traitement humain pour le peuple haïtien. À partir du moment ou les réactions positives sont enregistrées, pourrions-nous commencer par remercier qui de droit. C’est donc de ce type de solidarité dont le peuple agonisant a le plus besoin.
La diaspora haïtienne est la voix du peuple qui est sans voix aujourd’hui. Alors,  faisons-nous entendre de la bonne manière afin que beaucoup plus puissent survivre!
1: Demandons qu’on lève l’embargo sur le bénévolat
2: Demandons que des avions commencent à transporter les plus vulnérables aux Canada et aux État-unis afin qu’ils puissent recevoir des soins adéquats tout en profitant du bénévolat chez leurs compatriotes d’ici qui ne peuvent pas partir ou qui sont interdits de départ volontaire. Beaucoup sont prêts à assister les leurs.
Prenant pour appui le fait que peu importe sa quantité ou sa qualité, l’aide sur le terrain n’est et ne sera jamais suffisant au nombre croissant de victimes. Ajouter à cela, le manque à la fois d’infrastructure et de structure…
3. Réclamons de vraies mesures d’urgences compatibles avec l’urgence qui concerne notre peuple. Exemple: Demandons qu’on transforme l’aide d’urgence à sens unique en un va et vient. L’autoroute de la vie à  (a) plusieurs voies.
4. Au delà de la bureaucratie migratoire, déclamons simplement le statut humain pour nos frères et soeurs, puisque pour le présent moment, c’est ce qui importe le plus.  D’une seule voix, signifions à qui de droit combien l’urgence elle-même ne sait attendre… Ensemble, donnons écho à Wyclef Jean et tant d’autres qui demandent qu’on évacue Port-au-prince qui n’en peut plus.
Pour une fois enfin, exigeons ce que de droit à qui de droit au nom de notre peuple meurtri livrant son  dernier combat pour la vie.
Ici le lien pour voir les représentants du groupe de 11 000 qui commentent le blocus étasunien: http://www.finalcall.com/artman/publish/frontpageFeaturedArticle/article_6751.shtml
Source: “Mouvement Haitiens: Statut Humain/ Ayisyen se moun/ Urgence ne sait attendre/ Lit lavi kont lanmò pa nan tete lang”
Pour toute question concernant ce post, prière de contacter Harold Gaspard/FORUM CULTURETV à Montréal ou écrivez-nous à: humanstatus-for-haitianpeople@hotmail.com
Peace and Love

Bonsoir à tous et à toutes
C’est bien de marcher par solidarité. C’est aussi bien de remercier mais les méritants seulement…
Au sein du MOUVEMENT D’URGENCE ET DE RECONNAISSANCE que nous supportons, l’on se demande, pourquoi ne pas profiter de cette marche pour interpeler les gouvernements canadien et américain qui semblent empêcher à des bénévoles de rentrer librement au pays pour aller aider nos frères et soeurs dans l’urgence?
1. Aux États-unis, 11 000 personnes travaillant dans le domaine de la santé et autre, se voient refuser le départ alors que des ressources manquent terriblement au pays…
2. Au Canada: le gouvernement Harper répond négativement à l’association des médecins qui ose réclamer salaire pour les médecins canadiens bénévoles en Haiti après le séisme. Qui pis est, le PM canadien demande à ce que tout départ désormais soit soumis à son gouvernement qui l’autorisera peut-être… Du jamais vu…
Quelle rejet! Et, quelle incompréhension qu’un nombre de victimes parmi nos centaines de milliers ne soit déjà transporté ni au Canada, ni au États-Unis pour être soigné! Ceux qui ont le souvenir vif se rappellent bien des réfugiés Kossovars qui arrivaient au Canada par centaines et d’autres cas semblables… Pourquoi pas Haïti qui est en Amérique? Pourquoi ne pas dénoncer cette lenteur du moins , cette indifférence de la part de nos soi-disant amis?
Pratiquement, c’est entre autre pour ces raisons en particulier qu’on aurait dû marcher afin de réclamer un traitement humain pour le peuple haïtien. À partir du moment ou les réactions positives sont enregistrées, pourrions-nous commencer par remercier qui de droit. C’est donc de ce type de solidarité dont le peuple agonisant a le plus besoin.
La diaspora haïtienne est la voix du peuple qui est sans voix aujourd’hui. Alors,  faisons-nous entendre de la bonne manière afin que beaucoup plus puissent survivre!
1: Demandons qu’on lève l’embargo sur le bénévolat
2: Demandons que des avions commencent à transporter les plus vulnérables aux Canada et aux État-unis afin qu’ils puissent recevoir des soins adéquats tout en profitant du bénévolat chez leurs compatriotes d’ici qui ne peuvent pas partir ou qui sont interdits de départ volontaire. Beaucoup sont prêts à assister les leurs.
Prenant pour appui le fait que peu importe sa quantité ou sa qualité, l’aide sur le terrain n’est et ne sera jamais suffisant au nombre croissant de victimes. Ajouter à cela, le manque à la fois d’infrastructure et de structure…
3. Réclamons de vraies mesures d’urgences compatibles avec l’urgence qui concerne notre peuple. Exemple: Demandons qu’on transforme l’aide d’urgence à sens unique en un va et vient. L’autoroute de la vie à  (a) plusieurs voies.
4. Au delà de la bureaucratie migratoire, déclamons simplement le statut humain pour nos frères et soeurs, puisque pour le présent moment, c’est ce qui importe le plus.  D’une seule voix, signifions à qui de droit combien l’urgence elle-même ne sait attendre… Ensemble, donnons écho à Wyclef Jean et tant d’autres qui demandent qu’on évacue Port-au-prince qui n’en peut plus.
Pour une fois enfin, exigeons ce que de droit à qui de droit au nom de notre peuple meurtri livrant son  dernier combat pour la vie.
Ici le lien pour voir les représentants du groupe de 11 000 qui commentent le blocus étasunien: http://www.finalcall.com/artman/publish/frontpageFeaturedArticle/article_6751.shtml
Source: “Mouvement Haitiens: Statut Humain/ Ayisyen se moun/ Urgence ne sait attendre/ Lit lavi kont lanmò pa nan tete lang”
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Bâtiments endommagés

Cathédrale de Port-au-Prince
Palais présidentiel
Ministères de l’intérieur
ministères de la santé publique
Direction des impôts
QG de l’ONU
Hôtel Christopher
Hôtel Montana
L’Hôtel San Carlos s’est effondré

Hôtel Karibé
Caribbean Market
Edifice de Mediacom
Ambassade de France à Port-au-Prince
Le collège Paul VI s’est effondré
Le commissariat de police près de Saint-Louis de Gonzague à été détruit
Le lycée Jean-Jacques Dessalines s’est effondré

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Marc Damord

Author: Marc Damord


Posted on: 18th November 2009

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Category: Culture

Haïti- Littérature- Anthony Phelps un autre phare des lettres haïtiennes

Un mois après le trente-deuxième salon du livre de Montréal, l’onde de choc de  la
présence remarquable et remarquée  des auteurs Haïtiens continue à se faire sentir. Chez Archambault, la grande chaîne du livre et du disque, au palmarès des romans, L’Énigme du retour de Dany Laferrière occupe la deuxième place derrière Le Symbole perdu de Dan Brown.  Quand on connait la popularité mondiale de l’auteur de Da Vinci code, on peut dire que le gagnant est tout simplement difficile à battre. Surtout que son petit dernier se fait dans la franc-maçonnerie et que tout se déroule dans la capitale de l’Empire le plus puissant de la terre actuellement : Washington.   Et, on sait que tout sur les rythmes des écoles initiatiques fascinent et alimentent la curiosité.
Mais par-delà de la flamboyance de quelques auteurs, d’autres ont par contre bien fait et continue à  faire parler d’eux.
Dans cette catégorie, il y en a un qui est, auteur consacré,  diseur élégant, romancier à succès qui vient de gratifier ses lecteurs de son premier recueil de nouvelles : Le Mannequin enchanté (Leméac, Montréal, 2009)
Anthony Phelps est un habitué de la littérature québécoise, avec des œuvres qui ont marqué la conscience littéraire des gens d’ici. Les plus connus sont : Mon pays que voici (Montréal 1966) et les Îles ont une âme (Montréal 1988) un petit chef-d’œuvre visuel sorti dans les années quatre-vingt et primé plusieurs fois. Ces œuvres ont plusieurs fois fait partie de la programmation dominicale de Radio-Canada, dans Beaux-Dimanches
Souvent, on présente Dany Laferrière comme un écrivain québécois ; mais s’il y a quelqu’un dont cette  façon de le présenter est restée indélébile, c’est bien Anthony Phelps. On sait bien qu’il est un incontournable des lieux et qu’il les hante depuis 1964. Il a passé la majeure partie de sa vie à Radio-Canada, comme rédacteur et correcteur des nouvelles.
Monsieur Phelps est comme les personnages de ses livres, il est d’ici et d’ailleurs, insaisissable en perpétuelle équilibre entre les frontières, politiques, sociologiques, imaginaires et réelles à la fois.
Comme pour le dernier roman de Laferrière, Anthony Phelps nous retourne lui aussi dans les années de la dictature, dans un pays qui n’a pas de nom dont certaines ressemblances disent que c’est Haïti. Il nous conduit jusqu’au Mexique, avec des personnages entre chiens et loups où il est  souvent difficile de savoir qui est chien, qui est loup.
Il est, avec René Depestre les auteurs haïtiens vivants  qui ont les plus longues carrières et les plus volumineuses collections d’œuvres littéraires produites.
Le Mannequin enchanté, un livre à lire et  à donner en cadeau pour le temps des fêtes.

Par Marc Damord
Montréal

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Devoir de lire

Author: admin


Posted on: 18th November 2009

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Category: Culture

Qu’est-ce qu’être Haïtien?

Par Hugues St-Fort, Ph. D

D’abord, quelques questions qui peuvent paraître banales et naïves, mais qui sont loin de l’être : Qui sont les Haïtiens ? Quand est-on Haïtien ? Est-on Haïtien aux yeux de soi ? Est-on Haïtien aux yeux des autres ? Et, dans les deux cas, comment se définir ? Comment les autres nous perçoivent-ils ? Quel rôle joue la langue dans l’établissement d’une identité haïtienne ? Quel est le rôle de l’État haïtien dans la constitution et le renforcement d’une identité haïtienne ?

Commençons par jeter les bases d’éléments de réponse à la dernière question : le rôle de l’État dans la constitution et le renforcement d’une identité haïtienne. A partir de 1804, la société coloniale de Saint-Domingue structurellement composée des trois catégories sociales bien connues : « le Blanc, petit ou grand, propriétaire ou fonctionnaire ; l’affranchi et l’esclave créole nés dans le système esclavagiste, noirs ou mulâtres ; l’esclave né en Afrique, dit Bossale, qui représentait, en raison de l’effrayante intensification de la traite après 1770, plus de la moitié de la population de la colonie. » (Gérard Barthélemy, Le pays en dehors, 1989 :23) et devenue indépendante politiquement de la France a été contrainte de gérer elle-même le nouveau système. Les membres de la première catégorie sociale, les Blancs, ayant été pratiquement éliminés, il revenait aux affranchis, esclaves créoles et esclaves dits bossales d’ériger une nouvelle société. Leur échec à gérer convenablement l’héritage colonial a placé le nouvel État haïtien dans l’obligation de faire face à une structure sociale dominée par l’inégalité des conditions, l’absence de mobilité sociale, la « désunion » et « l’incompréhension ».

Si l’on retient la célèbre définition de la nation émise par l’historien français Ernest Renan : « la volonté de vivre ensemble », les créoles et les affranchis d’une part, les « bossales » d’autre part, ne se sont jamais entendus pour vivre ensemble. Il n’est pas exagéré de dire que cette « nation haïtienne », plus de deux cents ans après l’Indépendance, se cherche encore. L’État haïtien a failli dans l’exercice de son rôle unificateur, l’éducation a été monopolisée au profit des créoles et des affranchis et il n’y a pas eu de travail d’instruction civique pour sensibiliser les diverses ethnies qui cohabitaient dans la nouvelle République. Ce que Gérard Barthélemy appelle Le pays en dehors, c’est cette population des descendants « bossales » qui a été historiquement mise à l’écart de la nouvelle société haïtienne, contrôlée par les descendants des affranchis et des anciens esclaves créoles. L’État haïtien n’a pas mis en place les éléments qui auraient pu inspirer à ces catégories socio-ethniques différentes cette « volonté de vivre ensemble ». « Toute l’histoire du pays, depuis l’Indépendance, va donc être marquée par ce dualisme fondamental, par cet éclatement qui, en lui-même, et par la nature du rapport colonial, ne va cesser de se consolider entre les deux protagonistes, par État interposé. » (Gérard Barthélemy, ibid. p.26).

Dans ces conditions, qui sont les Haïtiens ? Est-ce que ce sont les descendants des affranchis et des anciens esclaves créoles ? Ou bien doit-on considérer comme Haïtiens uniquement les descendants des anciens esclaves « bossales » ? Cette interrogation surgit à tout moment et dans tous les espaces conflictuels de l’histoire haïtienne. On la trouve dans le vieux débat « Le pouvoir aux plus capables » vs « Le pouvoir au plus grand nombre ». Les plus capables représentés par les fils et filles des affranchis et des anciens esclaves créoles qui ont pu faire de longues études, voyager à l’étranger et observer le fonctionnement des démocraties occidentales ; le plus grand nombre représenté par les fils et filles des descendants des anciens esclaves bossales, le plus souvent analphabètes et pauvres. On la trouve également, cette interrogation, dans la problématique introduite par des hommes d’État tels que Dumarsais Estimé, François Duvalier, Jean-Bertrand Aristide, pour rester dans le contemporain. Le groupe du plus grand nombre s’est même présenté comme les « authentiques » sous les gouvernements de Duvalier et d’Estimé. Ils se considèrent « authentiques », c’est-à-dire les vrais dépositaires de l’héritage ancestral africain, par opposition aux descendants des affranchis et des esclaves créoles qui se rattacheraient davantage à l’héritage européen. On sait pourtant qu’il existe une longue tradition de condescendance pour les Africains chez un grand nombre d’Haïtiens dans la société haïtienne. Toutes les grandes dichotomies haïtiennes, vaudou vs christianisme, créole vs français, noir vs mulâtre, paysan vs urbain, musique folklorique vs musique classique, production locale vs production importée, etc. devraient être lues à la lumière de cette opposition originelle : affranchis et anciens esclaves créoles vs anciens esclaves bossales.

Plus de deux siècles après l’Indépendance, la question « Qui sont les Haïtiens » continue d’être d’actualité. La fameuse « volonté de vivre ensemble », définie comme l’essence du concept de nation par l’historien français Ernest Renan, ne parvient pas à s’imposer dans la société haïtienne. La migration réussira-t-elle à faire prendre conscience aux Haïtiens de ce qui constitue leur identité et, à partir de là, à déclencher chez eux cette volonté de vivre ensemble ? L’identité haïtienne se réalise-t-elle d’abord aux yeux des autres avant de se manifester aux yeux des Haïtiens eux-mêmes ? Comment les autres nous perçoivent-ils ? Apparemment, dans l’émigration (nord-américaine surtout, puisque c’est là où se concentre la majorité des immigrants haïtiens), sur les plans physique et culturel, il y aurait des repères qui permettraient aux gens du pays d’accueil d’identifier les immigrants haïtiens par leur façon de s’habiller, de se comporter en public, d’utiliser leur langage corporel, etc. Curieusement, ces natifs tombent juste le plus souvent et je doute que ce soit l’effet du hasard. C’est qu’il existe une culture haïtienne assez facilement identifiable par quelqu’un qui ne fait pas partie du groupe haïtien, mais qui observe les attitudes et les comportements de ce groupe. Pourquoi certains étrangers ont pu la repérer alors que les Haïtiens en général ne sont pas arrivés à tirer parti d’elle ?

Hugues St. Fort

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Toussaint Louverture, père de l’émancipation des esclaves

Author: admin


Posted on: 5th January 2010

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Category: Histoire

1743-1803 . Né esclave dans une plantation de Saint-Domingue, Toussaint Louverture est le premier leader noir à avoir vaincu les forces d’un empire colonial européen.

À la fin du XVIIIe siècle, la colonie de Saint-Domingue, possession française depuis le traité de Ryswick de 1697, est la plus riche des Antilles. La valeur de ses exportations dépasse même celle des États-Unis. La culture de la canne à sucre et celle du café emploient alors près de 500 000 esclaves noirs. Le reste de la population est composé de 32 000 colons blancs et de 28 000 mulâtres et affranchis. La Révolution française va complètement changer la donne puisque moins de quinze ans après la prise de la Bastille, l’ancienne Saint-Domingue aura définitivement chassé l’occupant de ses terres. Première République noire indépendante, quarante-trois ans avant la création du Liberia et plus de cent cinquante ans avant la décolonisation, Haïti (de l’arawak Ayiti) était auparavant parvenue à libérer ses travailleurs asservis grâce à la fougue et à la ténacité d’un homme, un ancien esclave devenu général de la République : Toussaint Louverture.

Né le 20 mai 1743 dans la plantation du comte de Bréda, située dans la province du nord, près de Cap-Français, François-Dominique Toussaint serait le petit-fils d’un roi nommé Gaou-Guinou qui possédait une portion de territoire de l’actuel Bénin. Petit, malingre, il est surnommé Fatras-Bâton du fait de sa laideur. Son maître, Baillon de Libertat, l’aurait avantagé, l’encourageant notamment à apprendre à lire et à écrire. Selon les témoignages, il a été cocher, domestique ou encore gardien de bétail. Une chose semble certaine : Toussaint Louverture fait partie de la minorité privilégiée des « nègres de grand’case » qui était au service du propriétaire de la plantation et qui ne travaillait pas dans les champs.

Toussaint Louverture est affranchi en 1776, à l’âge de trente-trois ans. Hasard de l’histoire : il se libère du joug de l’esclavagisme l’année de la déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique. En 1779, son gendre lui loue une parcelle d’une quinzaine d’hectares et les esclaves qui y travaillent. Il exploite ces terres jusqu’à la Révolution française et amasse ainsi une petite fortune. Le futur général anti-esclavagiste n’évoquera jamais cette période de sa vie, préférant mettre en avant son statut d’ancien esclave plutôt que celui d’affranchi. Peut-on lui en tenir rigueur ?

En août 1791, les esclaves du Nord se révoltent contre leurs maîtres après la cérémonie vaudoue de Bois-Caïman. Plus de 1 000 Blancs sont égorgés et plusieurs dizaines de plantations incendiées. Toussaint Louverture ne participe pas directement à ces événements. Il rejoint néanmoins rapidement les rangs des insurgés en devenant l’aide de camp de Georges Biassou, l’un des chefs de la rébellion. Fuyant la répression des colons, celui-ci se réfugie dans la partie orientale de l’île. Alliés aux Espagnols, qui contrôlent Santo Domingo (future République dominicaine) et, à l’époque, en guerre avec la France, les révoltés y reçoivent une formation militaire. Leur objectif est simple : l’accession à la liberté. Car si l’égalité des droits entre tous les hommes libres, quelle que soit leur couleur de peau, est promulguée par la Législative le 4 avril 1792, il n’est, pour l’instant, pas encore question d’abolir l’esclavage. Toussaint Louverture compte donc bien profiter de l’aide espagnole et de ses bases arrière sécurisées pour défaire les Français esclavagistes. À la tête de ses troupes, il remporte plusieurs succès en 1793. Il est rapidement nommé général des armées du roi d’Espagne. C’est à cette époque qu’on lui donne le surnom de « L’Ouverture ». Le 29 août 1793, dans une célèbre déclaration, Toussaint se présente comme le leader de la révolution : « J’ai entrepris la vengeance de ma race. Je veux que la liberté et l’égalité règnent à Saint-Domingue. Unissez-vous, frères, et combattez avec moi pour la même cause. Déracinez avec moi l’arbre de l’esclavage. » Son aura est jalousée par ses chefs militaires, qui tentent de le faire éliminer, sans succès.

Les victoires de Toussaint Louverture et des rebelles mettent le commissaire Léger-Félicité Sonthonax, l’un des deux représentants de la toute jeune République française, dans une situation catastrophique. Attaqué de toutes parts par les Britanniques et les Espagnols, eux-mêmes soutenus par les colons royalistes – en lutte contre la République – et les esclaves révoltés, il est acculé dans la partie nord de l’île. Le 29 août 1793, le jour même de la déclaration de Toussaint Louverture, il décide, de son propre chef, d’abolir l’esclavage dans le nord de la colonie. Il espère ainsi rallier à lui les nouveaux affranchis. Le commissaire Étienne Polvérel fera de même dans le Sud. Cet acte aura des conséquences considérables sur la suite des événements puisque l’abolition de l’esclavage est non seulement votée par la Convention le 4 février 1794, mais elle est également étendue à l’ensemble des possessions françaises. Ayant obtenu ce pour quoi il se battait, Toussaint Louverture, déçu par l’attitude des Espagnols, décide de changer de camp et rejoint celui de la République. En une année, à la tête de son armée composée de soldats noirs, mulâtres et blancs, il refoule les Espagnols jusqu’à Santo Domingo et élimine les derniers foyers de résistance des rebelles. En juillet 1795, auréolé de ses succès, il est élevé au grade de général de brigade, puis de général de division, en août 1796.

La paix n’est cependant pas encore totalement revenue à Saint-Domingue puisque les Britanniques occupent toujours certaines parties de l’île. Toussaint Louverture mène dès lors une bataille sur trois fronts. Il s’affaire tout d’abord à relancer l’économie de la colonie. Pour cela, il incite les colons à revenir dans leurs plantations. Les Noirs, désarmés par leur ancien chef, y travaillent en tant qu’hommes libres. Louverture cherche ensuite à asseoir son pouvoir politique. Nommé commandant en chef de la colonie de Saint-Domingue le 15 mai 1797, il précipite le départ des commissaires de la République et des chefs militaires métropolitains afin d’être le seul aux commandes de l’île. Enfin, disposant d’une armée d’environ 50 000 hommes, Louverture va reprendre la lutte contre les Britanniques, sans en informer la France, dont il se méfie toujours. Il n’obtient pas de succès décisif, mais, usés par cette guerre sans véritable but, les Britanniques vont accepter de négocier avec le général. Ils quittent finalement Saint-Domingue le 31 août 1798, suivis de peu par le général Hédouville, représentant militaire de la France. Toussaint Louverture doit encore faire face au soulèvement des mulâtres, jaloux de l’influence des Noirs. Une guerre sans pitié éclate. Elle durera un an et s’achèvera par la défaite des forces du général Rigaud.

L’objectif de Toussaint Louverture est désormais de mener Saint-Domingue à l’indépendance. Pour cela, il faut, selon lui, relancer l’économie de la colonie. Le 12 octobre 1800, il publie un règlement relatif au fonctionnement des plantations qui réintroduit de facto le travail forcé. Pour le général anti-esclavagiste, ce dernier est absolument nécessaire, durant quelque temps, pour assurer la future indépendance de l’île. Il va également chercher à rallier les Blancs en rappelant les émigrés (beaucoup de colons s’étaient réfugiés en Louisiane) et en imposant le catholicisme comme religion – d’État au détriment du culte vaudou pratiqué par les anciens esclaves. Enfin, il va réunifier l’île en occupant sa partie orientale le 26 janvier 1801. Le 9 mai, une constitution autonomiste le nomme gouverneur à vie. Il ne reste plus qu’un pas à franchir jusqu’à l’indépendance.

Cette situation n’est cependant pas du goût de Napoléon Bonaparte. Convaincu par le lobby colon du nécessaire rétablissement de l’esclavage, le Premier consul envoie une armée de 30 000 hommes reprendre le contrôle de Saint-Domingue. Les troupes françaises prennent pied sur l’île le 29 janvier 1802. Toussaint Louverture s’oppose militairement au débarquement en appelant les Noirs à l’insurrection, mais au bout de quatre mois, il doit se résoudre à déposer les armes. Le 7 mai 1802, après s’être assuré auprès des Français que l’esclavage ne serait pas rétabli, il se retire dans son domaine d’Ennery. Un mois plus tard, alors qu’il fait partie d’un complot qui vise à chasser l’occupant français, il est trahi et dénoncé par le général Dessalines, le père de l’indépendance haïtienne. Il est arrêté et envoyé en France à bord du vaisseau le Héros. Sa famille l’accompagne dans ce dernier voyage. Le 23 août, il est enfermé au fort de Joux, dans le Doubs. Isolé, humilié, brimé, il est soumis à plusieurs interrogatoires. Le vieil homme ne résistera pas longtemps au régime pénitentiaire. Il succombe à une pneumonie le 7 avril 1803. Toussaint Louverture sera inhumé dans l’enceinte du fort où il a fini ses jours. Le 25 mars 1983, le gouvernement français remettra une urne contenant ses restes mortels au gouvernement haïtien. Le libérateur des esclaves retrouvera, cent quatre-vingts ans plus tard, la terre qui l’a vu naître et se battre et qui a, finalement, fait triompher son idéal en accédant à l’indépendance le 1er janvier 1804, devenant ainsi la première République noire indépendante.

Philippe Peter

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Toussaint Louverture, père de l’émancipation des esclaves

Author: admin


Posted on: 5th January 2010

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1743-1803 . Né esclave dans une plantation de Saint-Domingue, Toussaint Louverture est le premier leader noir à avoir vaincu les forces d’un empire colonial européen.

À la fin du XVIIIe siècle, la colonie de Saint-Domingue, possession française depuis le traité de Ryswick de 1697, est la plus riche des Antilles. La valeur de ses exportations dépasse même celle des États-Unis. La culture de la canne à sucre et celle du café emploient alors près de 500 000 esclaves noirs. Le reste de la population est composé de 32 000 colons blancs et de 28 000 mulâtres et affranchis. La Révolution française va complètement changer la donne puisque moins de quinze ans après la prise de la Bastille, l’ancienne Saint-Domingue aura définitivement chassé l’occupant de ses terres. Première République noire indépendante, quarante-trois ans avant la création du Liberia et plus de cent cinquante ans avant la décolonisation, Haïti (de l’arawak Ayiti) était auparavant parvenue à libérer ses travailleurs asservis grâce à la fougue et à la ténacité d’un homme, un ancien esclave devenu général de la République : Toussaint Louverture.

Né le 20 mai 1743 dans la plantation du comte de Bréda, située dans la province du nord, près de Cap-Français, François-Dominique Toussaint serait le petit-fils d’un roi nommé Gaou-Guinou qui possédait une portion de territoire de l’actuel Bénin. Petit, malingre, il est surnommé Fatras-Bâton du fait de sa laideur. Son maître, Baillon de Libertat, l’aurait avantagé, l’encourageant notamment à apprendre à lire et à écrire. Selon les témoignages, il a été cocher, domestique ou encore gardien de bétail. Une chose semble certaine : Toussaint Louverture fait partie de la minorité privilégiée des « nègres de grand’case » qui était au service du propriétaire de la plantation et qui ne travaillait pas dans les champs.

Toussaint Louverture est affranchi en 1776, à l’âge de trente-trois ans. Hasard de l’histoire : il se libère du joug de l’esclavagisme l’année de la déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique. En 1779, son gendre lui loue une parcelle d’une quinzaine d’hectares et les esclaves qui y travaillent. Il exploite ces terres jusqu’à la Révolution française et amasse ainsi une petite fortune. Le futur général anti-esclavagiste n’évoquera jamais cette période de sa vie, préférant mettre en avant son statut d’ancien esclave plutôt que celui d’affranchi. Peut-on lui en tenir rigueur ?

En août 1791, les esclaves du Nord se révoltent contre leurs maîtres après la cérémonie vaudoue de Bois-Caïman. Plus de 1 000 Blancs sont égorgés et plusieurs dizaines de plantations incendiées. Toussaint Louverture ne participe pas directement à ces événements. Il rejoint néanmoins rapidement les rangs des insurgés en devenant l’aide de camp de Georges Biassou, l’un des chefs de la rébellion. Fuyant la répression des colons, celui-ci se réfugie dans la partie orientale de l’île. Alliés aux Espagnols, qui contrôlent Santo Domingo (future République dominicaine) et, à l’époque, en guerre avec la France, les révoltés y reçoivent une formation militaire. Leur objectif est simple : l’accession à la liberté. Car si l’égalité des droits entre tous les hommes libres, quelle que soit leur couleur de peau, est promulguée par la Législative le 4 avril 1792, il n’est, pour l’instant, pas encore question d’abolir l’esclavage. Toussaint Louverture compte donc bien profiter de l’aide espagnole et de ses bases arrière sécurisées pour défaire les Français esclavagistes. À la tête de ses troupes, il remporte plusieurs succès en 1793. Il est rapidement nommé général des armées du roi d’Espagne. C’est à cette époque qu’on lui donne le surnom de « L’Ouverture ». Le 29 août 1793, dans une célèbre déclaration, Toussaint se présente comme le leader de la révolution : « J’ai entrepris la vengeance de ma race. Je veux que la liberté et l’égalité règnent à Saint-Domingue. Unissez-vous, frères, et combattez avec moi pour la même cause. Déracinez avec moi l’arbre de l’esclavage. » Son aura est jalousée par ses chefs militaires, qui tentent de le faire éliminer, sans succès.

Les victoires de Toussaint Louverture et des rebelles mettent le commissaire Léger-Félicité Sonthonax, l’un des deux représentants de la toute jeune République française, dans une situation catastrophique. Attaqué de toutes parts par les Britanniques et les Espagnols, eux-mêmes soutenus par les colons royalistes – en lutte contre la République – et les esclaves révoltés, il est acculé dans la partie nord de l’île. Le 29 août 1793, le jour même de la déclaration de Toussaint Louverture, il décide, de son propre chef, d’abolir l’esclavage dans le nord de la colonie. Il espère ainsi rallier à lui les nouveaux affranchis. Le commissaire Étienne Polvérel fera de même dans le Sud. Cet acte aura des conséquences considérables sur la suite des événements puisque l’abolition de l’esclavage est non seulement votée par la Convention le 4 février 1794, mais elle est également étendue à l’ensemble des possessions françaises. Ayant obtenu ce pour quoi il se battait, Toussaint Louverture, déçu par l’attitude des Espagnols, décide de changer de camp et rejoint celui de la République. En une année, à la tête de son armée composée de soldats noirs, mulâtres et blancs, il refoule les Espagnols jusqu’à Santo Domingo et élimine les derniers foyers de résistance des rebelles. En juillet 1795, auréolé de ses succès, il est élevé au grade de général de brigade, puis de général de division, en août 1796.

La paix n’est cependant pas encore totalement revenue à Saint-Domingue puisque les Britanniques occupent toujours certaines parties de l’île. Toussaint Louverture mène dès lors une bataille sur trois fronts. Il s’affaire tout d’abord à relancer l’économie de la colonie. Pour cela, il incite les colons à revenir dans leurs plantations. Les Noirs, désarmés par leur ancien chef, y travaillent en tant qu’hommes libres. Louverture cherche ensuite à asseoir son pouvoir politique. Nommé commandant en chef de la colonie de Saint-Domingue le 15 mai 1797, il précipite le départ des commissaires de la République et des chefs militaires métropolitains afin d’être le seul aux commandes de l’île. Enfin, disposant d’une armée d’environ 50 000 hommes, Louverture va reprendre la lutte contre les Britanniques, sans en informer la France, dont il se méfie toujours. Il n’obtient pas de succès décisif, mais, usés par cette guerre sans véritable but, les Britanniques vont accepter de négocier avec le général. Ils quittent finalement Saint-Domingue le 31 août 1798, suivis de peu par le général Hédouville, représentant militaire de la France. Toussaint Louverture doit encore faire face au soulèvement des mulâtres, jaloux de l’influence des Noirs. Une guerre sans pitié éclate. Elle durera un an et s’achèvera par la défaite des forces du général Rigaud.

L’objectif de Toussaint Louverture est désormais de mener Saint-Domingue à l’indépendance. Pour cela, il faut, selon lui, relancer l’économie de la colonie. Le 12 octobre 1800, il publie un règlement relatif au fonctionnement des plantations qui réintroduit de facto le travail forcé. Pour le général anti-esclavagiste, ce dernier est absolument nécessaire, durant quelque temps, pour assurer la future indépendance de l’île. Il va également chercher à rallier les Blancs en rappelant les émigrés (beaucoup de colons s’étaient réfugiés en Louisiane) et en imposant le catholicisme comme religion – d’État au détriment du culte vaudou pratiqué par les anciens esclaves. Enfin, il va réunifier l’île en occupant sa partie orientale le 26 janvier 1801. Le 9 mai, une constitution autonomiste le nomme gouverneur à vie. Il ne reste plus qu’un pas à franchir jusqu’à l’indépendance.

Cette situation n’est cependant pas du goût de Napoléon Bonaparte. Convaincu par le lobby colon du nécessaire rétablissement de l’esclavage, le Premier consul envoie une armée de 30 000 hommes reprendre le contrôle de Saint-Domingue. Les troupes françaises prennent pied sur l’île le 29 janvier 1802. Toussaint Louverture s’oppose militairement au débarquement en appelant les Noirs à l’insurrection, mais au bout de quatre mois, il doit se résoudre à déposer les armes. Le 7 mai 1802, après s’être assuré auprès des Français que l’esclavage ne serait pas rétabli, il se retire dans son domaine d’Ennery. Un mois plus tard, alors qu’il fait partie d’un complot qui vise à chasser l’occupant français, il est trahi et dénoncé par le général Dessalines, le père de l’indépendance haïtienne. Il est arrêté et envoyé en France à bord du vaisseau le Héros. Sa famille l’accompagne dans ce dernier voyage. Le 23 août, il est enfermé au fort de Joux, dans le Doubs. Isolé, humilié, brimé, il est soumis à plusieurs interrogatoires. Le vieil homme ne résistera pas longtemps au régime pénitentiaire. Il succombe à une pneumonie le 7 avril 1803. Toussaint Louverture sera inhumé dans l’enceinte du fort où il a fini ses jours. Le 25 mars 1983, le gouvernement français remettra une urne contenant ses restes mortels au gouvernement haïtien. Le libérateur des esclaves retrouvera, cent quatre-vingts ans plus tard, la terre qui l’a vu naître et se battre et qui a, finalement, fait triompher son idéal en accédant à l’indépendance le 1er janvier 1804, devenant ainsi la première République noire indépendante.

Philippe Peter

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Coupe du Monde 2010

Author: admin


Posted on: 5th December 2009

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Category: Culture

Messi furieux contre les critiques venant d’Argentine

L’attaquant Lionel Messi, irrésistible avec son club, le FC Barcelone, et beaucoup moins tranchant en équipe d’Argentine, s’insurge néanmoins contre ceux qui avancent qu’il ne se sent pas Argentin, dans une interview publiée lundi.

“Ca m’énerve qu’ils disent que je ne ’sente’ pas l’Albiceleste (l’équipe d’Argentine). Rien ne me fait plus ‘chier’ que ça, qu’ils disent que je ne suis pas Argentin”, affirme le Ballon d’or 2009 dans les colonnes du quotidien El Pais.

“Je pense en Argentin, je vis en Catalogne mais je me sens Argentin. Ca m’est égal qu’ils m’appellent ‘le Catalan’ mais ça m’énerve qu’ils pensent que je ne suis pas Argentin”, martèle le buteur du Barça, fortement critiqué par la presse de son pays après ses derniers matches avec la sélection de Maradona.

En outre, les supporteurs de l’équipe d’Estudiantes ont critiqué l’attaquant après son but, celui de la victoire pour le Barça (2-1 a.p.), en finale du Mondial des clubs samedi contre le club argentin.

“Messi tu n’es pas Argentin” ou bien “Fais ça au Mondial !”, indiquaient des graffitis sur les murs de la localité de La Plata (sud de Buenos Aires), siège d’Estudiantes.

“Leo” Messi, 22 ans, a rejoint le Barça à l’âge de 13 ans. Il a débuté en équipe première du club catalan lors de la saison 2004-2005.

Surnommé “la Puce” en raison de son petit gabarit (1,69 m, 67 kg), Messi est un titulaire indiscutable au Barça depuis 2006.

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